jeudi, 13 juillet 2006

Tout est de nous


Nous avons tout fait, nous avons toujours tout fait.

C'est simple et logique, nous sommes majoritaire depuis toujours, donc toutes les avancées obtenues l'ont été pas nous: Les restaurants universitaires, les cités universitaires, les bourses, les services de vie étudiantes, la capitalisation des notes, la seconde session d'examen, l'anonymat des copies,... tout ça, c'est de nous.

C'est en tout cas ce que l'on m'a appris et je n'ai que rarement trouvé quelqu'un pour le démentir. Cependant, aujourd'hui, un affreux doute m'assaille.

medium_allocrentre.JPGSuite à la publication du rapport Wauquiez, un bruit s'est mis à courir depuis quelques jours: le gouvernement pourraient annoncer la mise en place rapide de l'allocation de rentrée étudiante (ARE), la fameuse revendication phare de de la FAGE durant la campagne CROUS du printemps, cette même campagne durant laquelle nous avons perdu la majorité au CNOUS. Suite à cette nouvelle, les différentes organisations étudiantes se sont prononcés: pour la FAGE, c'est une grande victoire, pour l'UNI, ce n'est pas une priorité (trop social ?). L'UNEF, elle, à salué la bonne nouvelle, déclarant, à travers la voix de son président, que c'était une revendication de l'UNEF de longue date !

Loin de moi l'idée de critiquer les positions de l'UNEF sur cette question, nous avons toujours été claire, nous militons pour la mise en place d'une véritable allocation d'autonomie pour les étudiants. C'est plus que l'allocation de rentrée, c'est mieux que l'allocation de rentrée, mais en tout cas, ce n'est pas l'allocation de rentrée. Revendiquer la paternité de cette victoire est un mensonge désolant.


Et c'est à partir de ce moment là que le doute s'installe. Si nous déclarons que cette revendication est la notre alors que ça n'a jamais été le cas, qu'est ce qui me prouve que les anciennes victoires étaient bien les nôtres ?


La revendication de cette avancée est apparue dans une dépêche de l'A.E.F. que je ne peux donc pas recopier ici.
Je vous en donne cependant les références: Dépêche n°67076 - Mercredi 12 juillet 2006, 12:27:40.

"La création d'une allocation universitaire de rentrée est une bonne nouvelle et répond à une demande de l'UNEF de longue date", déclare Bruno Julliard. [...] L'UNEF demande depuis longtemps une allocation d'urgence pour la rentrée. À cette période de l'année, les dépenses sont en effet nombreuses et ne cessent d'augmenter, fragilisant la situation déjà précaire de certains étudiants", explique Bruno Julliard."

Pour confirmer la non paternité de cette mesure, voici un tract de la rentrée 2005 rappelant les problèmes des étudiants à la rentré et présentant une liste de revendication.... dans lesquels n'apparaît pas l'ARE.
medium_tract_unef_social.2.JPG

Je vous propose également de jeter un oeil au cahier des revendications social de l'unef daté de janvier 2004. 24 pages qui dépeignent la vision de l'unef et pas un mot sur une quelconque allocation de rentrée à destination des étudiants.

dimanche, 04 juin 2006

Abus de bien sociaux

medium_imgmnefunef2.JPGLa fameuse histoire de la MNEF (Mutuelle National des Etudiant de France) à défrayé la chronique durant un sacré nombre d'années. Aujourd'hui, la justice rend enfin son verdict, et c'est l'occasion pour nous de revenir sur cette honteuse histoire d'abus à laquelle à prit part notre syndicat.

Tout d'abord, revenons sur l'histoire en elle même et mettons de côté l'aspect politique qui fait tremper dans "l'affaire" des hauts cadres du PS ou de FO pour nous intéresser à la partie étudiante de ce dossier. La MNEF, mutuelle étudiante, était la LMDE de l'époque. Une mutuelle nationale, travaillant en complète coopération avec le syndicat étudiant de gauche. Et au fur et à mesure des années, alors que la symbiose se faisait plus forte, les militants de l'UNEF ont été engagé pour travailler pour la MNEF et ce, d'après les conclusions du procès, parfois pour de véritables emplois fictifs.

N'oublions pas de préciser, car tout cela semble bien loin, que la mutuelle fonctionnait grâce aux cotisations des étudiants et aux subventions publiques. C'est donc avec l'argent des étudiants et de l'argent destiné aux étudiants, que la MNEF finançait le militantisme de certains de nos cadres. Je pense que cela justifie pleinement le caractère immoral de cette dérive. Encore une fois, le syndicat, arme la plus affûtée pour défendre les étudiants, abusait de ces derniers, pour faire vivre sa structure.
Dès lors, la question se pose: Est-ce aux étudiants de soutenir l'UNEF ou est-ce à l'UNEF de soutenir les étudiants ? Naturellement, les étudiants ne seront pas aidés si ils ne soutiennent pas leur syndicat, mais il existe d'autres moyens pour faire vivre une association et ce n'est sûrement pas sans les en prévenir qu'on doit détourner l'argents des étudiants.

medium_mnef2.2.JPGAinsi, cette argent à permit de faire vivre un certain nombre de cadre de notre syndicat. Ils recevaient de l'argent de la MNEF uniquement parce qu'ils étaient militants à l'UNEF et ne fournissaient aucun travail en retour pour la MNEF. Avec cet argent, ils ont pu se consacrer pleinement au militantisme, payer des inscriptions dans plusieurs université pour boucler les listes électorales, financer des campagnes électorales étudiantes ou organiser de beaux congrès-vacances pour toute la structure au frais de la princesse.

Mais oui, cela est derrière nous. Certains diront même que cela ne concerne que l'UNEF-ID et à ceux-ci, je tiens à rappeler que depuis la fusion, nous sommes tous l'UNEF et nous sommes tous l'UNEF-ID... nous devons donc tous assumer notre histoire. Et de notre passé, il faut se méfier car il peu nous rattraper.


En effet, cette même question se pose aujourd'hui quand à l'évolution de nos rapports avec la LMDE.
Naturellement, nous avons appris de nos erreurs et les pratiques d'aujourd'hui rentrent pleinement dans la légalité. Mais il me semble que moralement, rien n'est réglé.

En effet, nos cadres sont désormais engagés par la LMDE pour faire du conseil à la rentré et convaincre l'étudiant de cocher la case LMDE. Mais au passage, ils présentent toujours l'UNEF et invitent l'étudiant à aller prendre sa carte sur le stand d'à côté. Oui, aujourd'hui, les subventions que reçoit l'UNEF sont réglementées, mais il n'en reste pas moins que la mutuelle étudiante permet de financer des opération politique comme des campagnes électorales. Et surtout, bien que le travail main dans la main avec une mutuelle soit clairement un plus pour les étudiants, le fait que les militants UNEF soient perpétuellement les mêmes étudiants qui sont engagés par cette mutuelle à la rentré, qui sont élus au sein de la mutuelle et que les cadres dirigeant se retrouvent tous avec un boulot à la direction de la LMDE fait peur.

A travailler non plus avec, mais pour la LMDE, ne perdons-nous pas notre indépendance ?
N'éloignons-nous pas la LMDE des étudiants "lambda" en la noyant dans le militantisme ?
Entre salariés et subventions, ne courrons-nous pas vers des nouveaux abus ?

J'espères sincèrement que la LMDE ne finira pas comme la MNEF...

medium_Capturemnef-unef.2.jpg



Pour plus de renseignement sur l'affaire de la MNEF je vous invite à consulter le site "L'asile Utopique" qui fait un bref résumé de l'affaire: Revue de presse d'une affaire à tiroirs

"Nous rémunérions, par exemple, David Rousset, actuel numéro deux de la MNEF, pour le suivi du partenariat entre notre mutuelle et l'UNEF. [...] Le financement des permanents: Il s'agit souvent des syndicalistes étudiants parfois cachetonnés à 2 000 ou 4 000 francs par mois. Des jeunes gens censés faire leurs études tout en animant les campus et les assemblées générales. [...] Progressivement, ce système va se gâter. Fausses études, rémunérées par la Mnef ou ses satellites, argent liquide pour des congrès de l'Unef-ID."

Ou encore l'article du "Monde" du 04/06/2006 sur le jugement rendu: Affaire de la MNEF : la justice sanctionne une dérive financière

"Il en va notamment ainsi de la condamnation à six mois d'emprisonnement avec sursis et 20 000 euros d'amende prononcée contre le député (PS) de Paris, Jean-Christophe Cambadélis, ou de celles de quatre mois avec sursis retenues contre l'ancien président du syndicat étudiant UNEF-ID, Philippe Campinchi, ou XXXXXXX (censuré pour cause de loi d'amnistie)."

Pour ceux que l'affaire passionne, la page sur le président de l'époque de la MNEF avec quelques perles sur certains des rebondissements de l'affaire.

Pour ceux qui préfèrent que ça reste en interne, quelques réactions et hésitations de membres de l'UNEF face aux magouille entre le BN et la MNEF.

Un petit lien pour vous rappeler que le président de la LMDE, Michaël Delafosse, est un des nôtres et pas qu'un peut puisque c'est un élu UNEF de l'Université Montpelier 3 depuis 1998 (CEVU, CA, CS) et encore aujourd'hui au Conseil d'Administration.
Et, enfin, le lien Wikipedia relatif à cette affaire: http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_de_la_MNEF

lundi, 27 mars 2006

Brûlons les urnes !

Le sujet qui suis est une réaction à l'actualité. N'ayant pas eu le temps de trouver des preuves exploitables, je devrais me limiter à donner mon point de vue. Vous êtes donc libre de donner à ce texte la confiance que vous voudrez.


Triste semaine pour la démocratie...
J'en ai vu des vertes et des pas mures à l'UNEF, mais là, je crois qu'ils ont atteint un nouveau record dans leur extrémisme et je suis bien content de ne plus y militer sérieusement.

La semaine dernière (du 21 au 23 mars 2006) avaient lieu les élections étudiantes au CROUS (élection des medium_4_affiche-50x70-campagne-ca.jpgreprésentants étudiant au CA du CROUS pour 2 ans, le CROUS étant l'organe qui gère les RU, les cité U, les bourses,... bref un truc super important). En cette difficile période de mobilisation contre le CPE (qui est toute légitime), l'UNEF s'est faite piéger à son propre jeu. Dans certaines villes, bloquant des Universités et refusant de les débloquer devant des scrutins purement démocratiques organisés par les Universités, c'est une grande partie des étudiants qu'elle s'est mise à dos. De plus, les élections CROUS approchant, l'unef n'a pas prit le temps de faire sa campagne électorale... il était donc couru d'avance que ces élections seraient pour elle un véritable fiasco.

Alors, quelle réaction ?
L'UNEF a décidé de boycotter cette élection, appelant les étudiants à ne pas voter (mais elle a tout de même présenté des candidats et est allée voter...). Mais devant le refus du ministère d'annuler ces élections, et devant la défaite cuisante qui s'annonçait, il fallait bien trouver une manière d'empêcher le scrutin d'avoir lieu; et là, c'est devenu du n'importe quoi.

Villes après villes, on a vu arriver des hordes de lycéens ou d'étudiants, déboulant dans les bureaux de vote pour voler les urnes ou les listes d'émargements. Dans certaines villes, les personnels du CROUS ou des étudiants des organisations concurrentes ont été victimes d'actes violent; Il y a même une ville où 400 bulletins de vote retirés d'une urne volée on été brûlé. L'unef a déjà prévenue qu'elle demanderait dans chaque académie l'annulation du scrutin... mais à qui profite le crime ?

Les lycéens ne savent même pas ce qu'est le Crous, ils ne sont donc pas venu ici tout seul.
Les étudiants mobilisés contre le CPE n'ont aucune raison d'empêcher un scrutin démocratique (quand ils savent que ces élections ont lieu) qui aurait, au contraire, été l'occasion de voter en masse UNEF pour montrer au gouvernement que les étudiants sont tous contre lui, ils n'ont donc aucun intérêt à s'auto-museler.
Il nous reste donc les organisations étudiantes tremblantes devant la défaite annoncée, ces même organisations qui aujourd'hui demandent l'annulation.

Les preuves, elles viendront rapidement. On parle de photos de cadres de l'Unef volant des urnes, des témoignages d'étudiants ayant vu des cadres de l'unef appelant, lors des AG, au saccage des élections, et je pense que les plaintes qui vont être rapidement déposées par le crous seront à même d'appuyer ma version.

Quoi qu'il en soit, bloquer à 300 une université de 40.000 étudiants c'est déjà un peut dur à avaler; bloquer une Université alors qu'un scrutin démocratique à démontré que la majorité des étudiants veulent aller en cours c'est un peut gros; appeler au boycotte d'un scrutin étudiant national alors qu'on demande à être entendu et écouté c'est complètement illogique et attaquer sauvagement des lieux de vote, voler des urnes, brûler des bulletins de vote étudiant, agresser des agents du CROUS et des étudiants c'est honteux, criminel pour la démocratie, indigne d'étudiants qui se disent opposés aux fascistes et usent de leur méthode, indigne d'étudiants qui se proclament les défenseurs des étudiants et qui brûlent leurs bulletins de vote et leur retire leur droit d'expression.


La démocratie étudiante est en deuil!

Et depuis...

La copie d'un article d'un journal régional (les DNA) raconte l'AG ayant précédé le bouleversement des élections, et notamment la prise de parole d'un anciens président de l'UNEF -Strasbourg appellant à voler les urnes: "Le silence revenu, Syamak Aghababai, ancien président de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF) Strasbourg, lance: "On ne peut pas cautionner ces élections. Un étudiant est mort hier [mercredi, ndlr] à Strasbourg, un peu de dignité!" Les applaudissements qui suivent ne suffisent pas à couvrir cette proposition: "On bloque: quand on sort, on prend les urnes de manière pacifique à l'ULP et à Robert-Schuman."
Aussitôt dit, aussitôt fait. Un groupe vide les deux urnes disposées à l'entrée de l'Institut Lebel avant de brûler les bulletins sous enveloppe à l'extérieur."

Un tout nouveau Blog sur l'UNEF et qui se nourrit également de liens très intéressants reviens sur ces fameuses élections CROUS 2006: http://www.leclanunef.com/flash/ag.html. Cliquez un peu partout sur l'image et vous découvrirez quelques jolies perles.


Suite aux élections CROUS, de nombreuses personnes on affirmé avoir été témoins des voles d'urne par des militants de l'UNEF. Un des témoignages mériterait particulièrement d'être vérifié puisqu'il affirme que la police parisienne à intercepté des voleurs d'unres et que ceux-ci ont confirmé être de l'UNEF. Il existe donc un procès verbal... j'aimerais bien voir ça. "... après je prends un cas simple : vol d'urne à bichat (paris), les mecs attaquent le bureau de vote, volent l'urne. l'un d'entre eux, repars à fond en voiture, grille quelques feu, et hop cueilli par les flics, puis sont rattrapés par des étudiants qui expliquent ce qui vient de se passer. Au poste, on apprend que ces personnes sont des militants unef et que les "ordres" viennent du QG de l'unef... ça fait moyen quand on lit après que le prez de l'unef condamne ces actions, mais on a pu aussi lire la semaine d'avant qu'il s'attendait à des débordements lors de ces élections... autres exemples à Toulouse : l'urne du crous est volée, le personnel du crous reconnaît formellement l'actuel Vice président étudiant au CROUS : un élu unef... ça fait moyen."