dimanche, 04 mars 2007
L'Histoire réécrite par l'UNEF
Ah, cette belle et grande histoire qui nous réunie et nous rend fière d'être à l'UNEF, comment ne pas en parler à la veille de la célébration de nos 100 ans.
Cependant, je ne prendrais pas le risque de me perdre dans les méandres d'une histoire dont les interprétations sont variables et dont j'ai entendu tellement de version différentes ces dernières années que je ne serais aujourd'hui moi-même vous la conter. Je m'arrêterais donc à celle qui est donnée très officiellement par l'UNEF. Cependant, je ne peux rester muet devant l'objectif qui se susurre dans les couloirs de l'organisation étudiante à l'occasion de cette célébration: l'UNEF va réécrire l'histoire!
Et oui car cette histoire n'est pas simple. Souvent lieu de division et d'affrontement, ce ne sont jamais les mêmes personnes, courants et idéologies qui ont lancé un projet et qui l'ont fait aboutir. Alors, nous, membres de l'unef syndicale, comment revendiquer une histoire dans laquelle notre place est minoritaire ? Est-ce bien à nous d'être fière et de revendiquer cette histoire ?
Reprenons donc l'histoire telle qu'elle nous est contée par l'UNEF sur son site et posons ouvertement ces questions qui nous taraudent:
L'UNEF (en réalité l'UNAGEF) est crée en 1907 par des associations étudiantes de villes, les fameuses AGE. Elle est une fédération d'association qui organisent la vie étudiante dans leurs villes (restaurants étudiants, ancêtre des RUs , logements étudiants, ancêtres des cités U,...).
Cette UNEF "corporatiste" créé l'ancêtre des centres sportifs Universitaires, de l'OTU et des CROUS, un journal étudiant, un sanatorium étudiant ou un centre de statistique étudiante. Elle obtiendra également la création des mutuelles étudiantes ou la cogestion des oeuvres universitaires (CROUS) par les étudiants. C'est ainsi qu'en 49 années d'existence de l'UNEF, quelques grandes avancées, qui perdurent encore aujourd'hui, sont mises en place pour les étudiants.
En 1946 seulement le mouvement syndicale commence à prendre au sein de l'UNEF avec l'adoption de la charte de Grenoble et ce mouvement continuera en 1956 avec la prise de pouvoir des "minos" dans le contexte difficile de la guerre d'Algérie et s'achèvera en 1961 avec le départ d'une grande partie des "majos" et l'adoption en 1962 d'une ligne de conduite "syndicale". Alors commence réellement l'histoire de l'UNEF, notre UNEF, l'UNEF syndicat étudiant.
Alors que la France ne se déchire plus de guerre en guerre, l'UNEF, elle commence un long chemin pour se trouver. les
mouvements communistes, chrétiens, la tendance PSU, les mitterandistes, les Strokystes lambertistes, les anti-marxistes, les révolutionnaires et les modérés... autant de courant qui se lient, se délient, se créent et se transforment. Cela va fortement ralentir l'UNEF qui passera bien trop de temps à se battre en interne au lieu de parler d'une seule voix. UNEF-US, UNEF-ID, UNEF-SE, UNEF-RS, Cé,... des visages différents d'une seule entité qui se cherche désespérément. Aujourd'hui, l'UNEF parle d'une voix plus unie avec la réunification de l'UNEF-ID et l'UNEF en 2001. Mais ces années de guerres internes ont hélas vues plus d'oppositions (justifiées) que de réalisations concrètes. Alors que nous avons combattu les reforme d'Alice Saunier-Seïté, la reforme Devaquet, la reforme Balladur la reforme Juppé, la reforme Fillon, la loi Ferry, le LMD ou le CPE, nous avons milité pour l'allocation d'étude étudiante, des reformes pédagogiques (obtenu dans la reforme Bayrou), nous avons obtenu un plan social étudiant et nous battons encore aujourd'hui pour le statut social pour les jeunes et l'allocation d'autonomie pour les étudiants.
Quel bilan tirer de cette histoire ?
Moi, ça m'a toujours laissé perplexe. Je reconnais qu'on à la main facile pour s'opposer car l'opposition contre un ennemi commun est bien la meilleur des manières pour obtenir l'unité en interne, mais nous connaissons bien trop de difficulté lorsqu'il s'agit de proposer et d'avancer. Lorsqu'on discute avec les gouvernements pour faire avancer nos revendications, nos plus extrémistes nous accusent de collaboration et lorsqu'on s'interpose fortement, nos plus modéré nous accusent de nous enfermer dans une contestation permanente.
Je me demande également si l'on peux légitimement revendiquer ce qu'a fait l'UNEF, et notamment durant ses 50 premières années sous prétexte que c'est nous qui avons gardé le nom UNEF. Car, en effet, revendiquer, par exemple, ce qui à été fait sous la direction des majos alors que nous les combattons aujourd'hui sur tous les terrains, cela laisse perplexe. Revendiquer les acquis d'une organisation obtenus à une époque où nous n'étions même pas existant, c'est comme laisser Sarkozy voler l'héritage de Jaures et Blum à la gauche. Un pays comme la France se doit de porter l'héritage de son passé car elle est la seule à le représenter, mais nous savons bien que les corpos existent toujours, partout en France, et nous attribuer ce qu'ont fait leurs prédécesseurs c'est un peu dérangeant, car c'est nous inscrire dans la même mouvance que ces saoulards. N'oublions pas qu'aucune des AGE membres actuelles de l'UNEF n'était membre de l'UNEF du début du siècle alors qu'il en reste encore chez nos adversaire de la FAGE (dont le sigle veux étrangement dire "Fédération d'AGE"... comme l'UNEF à ses débuts avec le nom d'UNAGEF). Personnellement je ne veux rien avoir à faire avec ces gens là et ce mélange me dérange. Mais la question se pose également sur l'histoire plus récente selon les mouvances syndicales qui étaient à la tête de notre organisation.
Bref, loin de vouloir fermer les yeux sur un bout de l'histoire, je me demande tout de même si il est bien de notre devoir de chercher à réécrire celle-ci dans le sens syndicale alors que l'UNEF,aujourd'hui c'est nous et que nous savons bien que ce n'est pas prêt de changer. Serais-ce un aveu de faiblesse ou de peur de la part de notre direction après la victoire volée de la FAGE aux dernières élections CROUS ou une tentative d'imposer notre vision d'une autre manière que part l'importance de nos acquis pour les étudiants ?
Pour un mouvement fort comme le notre, il n'est nul besoin de récupérer les acquis des autres, obtenons-en de meilleurs et de plus durables, et l'Histoire comprendra qu'elle UNEF il faut retenir.
A l'occasion du congrès des 100 ans de l'UNEF, notre organisation à créé un très joli site web sur lequel est proposée une histoire du mouvement étudiant.
Un autre avis sur cette histoire donné par Diégo MELCHIOR, un étudiant plutôt partisan de la Cé qui, bien qu'il perde un peu beaucoup les pédales en dissertant sur le "N" de "UNEF", ne garde pas moins une vision enrichissante de cette histoire qu'il nous livre sur son blog (citation protégée par le droit d'auteur):
"On peut certes fêter les 100 ans du sigle UNEF mais ne surtout pas fêter 100 ans d’Histoire de l’UNEF. La nuance est d’importance. Le Parti Socialiste l’avait d’ailleurs bien perçu lorsqu’en 2005 : c’était bien les 100 ans du socialisme français qu’il fêtait et non pas les 100 ans du Parti Socialiste qui, lui, n’a pas 100 ans mais aujourd’hui 36 ans (Congrès d’Epinay, 1971). Alors lorsque nous lisons sur un tract de l’UNEF, le slogan « UNEF, le syndicat indispensable depuis 100 ans », l’historien ne peut que se sentir interpeller. Bien sûr le sigle de l’UNEF a 100 ans (et encore avec une interruption d’une trentaine d’année), mais contrairement à ce que suggère le slogan, l’Histoire de l’UNEF n’a rien de monolithique durant 100 années. Fêter les 100 ans de l’UNEF est proprement au pire une manipulation, au mieux une erreur de réflexion historique. Ce qu’il aurait fallu fêter, ce sont les 100 ans du mouvement étudiant français. Évidemment, l’UNEF, première centrale syndicale étudiante de France, ne pouvait pas présenter l’anniversaire de cette manière car qui dit fête des 100 ans du syndicalisme étudiant dit prendre en compte un certain nombre d’autres syndicats qui ne sont pas l’UNEF mais qui ont été des acteurs en bien ou en mal du mouvement étudiant."
Une autre lecture de cette même histoire proposée par l'encyclopédie participative virtuelle: Wikipedia: Histoire du mouvement étudiant.
Cependant, je ne prendrais pas le risque de me perdre dans les méandres d'une histoire dont les interprétations sont variables et dont j'ai entendu tellement de version différentes ces dernières années que je ne serais aujourd'hui moi-même vous la conter. Je m'arrêterais donc à celle qui est donnée très officiellement par l'UNEF. Cependant, je ne peux rester muet devant l'objectif qui se susurre dans les couloirs de l'organisation étudiante à l'occasion de cette célébration: l'UNEF va réécrire l'histoire!
Et oui car cette histoire n'est pas simple. Souvent lieu de division et d'affrontement, ce ne sont jamais les mêmes personnes, courants et idéologies qui ont lancé un projet et qui l'ont fait aboutir. Alors, nous, membres de l'unef syndicale, comment revendiquer une histoire dans laquelle notre place est minoritaire ? Est-ce bien à nous d'être fière et de revendiquer cette histoire ?
Reprenons donc l'histoire telle qu'elle nous est contée par l'UNEF sur son site et posons ouvertement ces questions qui nous taraudent:
L'UNEF (en réalité l'UNAGEF) est crée en 1907 par des associations étudiantes de villes, les fameuses AGE. Elle est une fédération d'association qui organisent la vie étudiante dans leurs villes (restaurants étudiants, ancêtre des RUs , logements étudiants, ancêtres des cités U,...).
En 1946 seulement le mouvement syndicale commence à prendre au sein de l'UNEF avec l'adoption de la charte de Grenoble et ce mouvement continuera en 1956 avec la prise de pouvoir des "minos" dans le contexte difficile de la guerre d'Algérie et s'achèvera en 1961 avec le départ d'une grande partie des "majos" et l'adoption en 1962 d'une ligne de conduite "syndicale". Alors commence réellement l'histoire de l'UNEF, notre UNEF, l'UNEF syndicat étudiant.
Alors que la France ne se déchire plus de guerre en guerre, l'UNEF, elle commence un long chemin pour se trouver. les
Quel bilan tirer de cette histoire ?
Moi, ça m'a toujours laissé perplexe. Je reconnais qu'on à la main facile pour s'opposer car l'opposition contre un ennemi commun est bien la meilleur des manières pour obtenir l'unité en interne, mais nous connaissons bien trop de difficulté lorsqu'il s'agit de proposer et d'avancer. Lorsqu'on discute avec les gouvernements pour faire avancer nos revendications, nos plus extrémistes nous accusent de collaboration et lorsqu'on s'interpose fortement, nos plus modéré nous accusent de nous enfermer dans une contestation permanente.
Je me demande également si l'on peux légitimement revendiquer ce qu'a fait l'UNEF, et notamment durant ses 50 premières années sous prétexte que c'est nous qui avons gardé le nom UNEF. Car, en effet, revendiquer, par exemple, ce qui à été fait sous la direction des majos alors que nous les combattons aujourd'hui sur tous les terrains, cela laisse perplexe. Revendiquer les acquis d'une organisation obtenus à une époque où nous n'étions même pas existant, c'est comme laisser Sarkozy voler l'héritage de Jaures et Blum à la gauche. Un pays comme la France se doit de porter l'héritage de son passé car elle est la seule à le représenter, mais nous savons bien que les corpos existent toujours, partout en France, et nous attribuer ce qu'ont fait leurs prédécesseurs c'est un peu dérangeant, car c'est nous inscrire dans la même mouvance que ces saoulards. N'oublions pas qu'aucune des AGE membres actuelles de l'UNEF n'était membre de l'UNEF du début du siècle alors qu'il en reste encore chez nos adversaire de la FAGE (dont le sigle veux étrangement dire "Fédération d'AGE"... comme l'UNEF à ses débuts avec le nom d'UNAGEF). Personnellement je ne veux rien avoir à faire avec ces gens là et ce mélange me dérange. Mais la question se pose également sur l'histoire plus récente selon les mouvances syndicales qui étaient à la tête de notre organisation.
Bref, loin de vouloir fermer les yeux sur un bout de l'histoire, je me demande tout de même si il est bien de notre devoir de chercher à réécrire celle-ci dans le sens syndicale alors que l'UNEF,aujourd'hui c'est nous et que nous savons bien que ce n'est pas prêt de changer. Serais-ce un aveu de faiblesse ou de peur de la part de notre direction après la victoire volée de la FAGE aux dernières élections CROUS ou une tentative d'imposer notre vision d'une autre manière que part l'importance de nos acquis pour les étudiants ?
Pour un mouvement fort comme le notre, il n'est nul besoin de récupérer les acquis des autres, obtenons-en de meilleurs et de plus durables, et l'Histoire comprendra qu'elle UNEF il faut retenir.
A l'occasion du congrès des 100 ans de l'UNEF, notre organisation à créé un très joli site web sur lequel est proposée une histoire du mouvement étudiant.
Un autre avis sur cette histoire donné par Diégo MELCHIOR, un étudiant plutôt partisan de la Cé qui, bien qu'il perde un peu beaucoup les pédales en dissertant sur le "N" de "UNEF", ne garde pas moins une vision enrichissante de cette histoire qu'il nous livre sur son blog (citation protégée par le droit d'auteur):
"On peut certes fêter les 100 ans du sigle UNEF mais ne surtout pas fêter 100 ans d’Histoire de l’UNEF. La nuance est d’importance. Le Parti Socialiste l’avait d’ailleurs bien perçu lorsqu’en 2005 : c’était bien les 100 ans du socialisme français qu’il fêtait et non pas les 100 ans du Parti Socialiste qui, lui, n’a pas 100 ans mais aujourd’hui 36 ans (Congrès d’Epinay, 1971). Alors lorsque nous lisons sur un tract de l’UNEF, le slogan « UNEF, le syndicat indispensable depuis 100 ans », l’historien ne peut que se sentir interpeller. Bien sûr le sigle de l’UNEF a 100 ans (et encore avec une interruption d’une trentaine d’année), mais contrairement à ce que suggère le slogan, l’Histoire de l’UNEF n’a rien de monolithique durant 100 années. Fêter les 100 ans de l’UNEF est proprement au pire une manipulation, au mieux une erreur de réflexion historique. Ce qu’il aurait fallu fêter, ce sont les 100 ans du mouvement étudiant français. Évidemment, l’UNEF, première centrale syndicale étudiante de France, ne pouvait pas présenter l’anniversaire de cette manière car qui dit fête des 100 ans du syndicalisme étudiant dit prendre en compte un certain nombre d’autres syndicats qui ne sont pas l’UNEF mais qui ont été des acteurs en bien ou en mal du mouvement étudiant."
Une autre lecture de cette même histoire proposée par l'encyclopédie participative virtuelle: Wikipedia: Histoire du mouvement étudiant.
Somme nous donc né en 1907 avec l'oganisation historique UNAGEF, en 1949 avec la charte de Grenoble, en 1956 avec la prise de pouvoir des "minos", en 1971 lors de la grande cission ou en 2001 lors du rassemblement d'une partie des "minos" ? Pour en arajouter dans la confusion, voici un dernier élément rappellant la difficulté de dater la naissance de notre mouvement tel que nous le connaissons et le vivons, aujourd'hui , avec cette déclaration du Tribunal de Grande Instance de Paris, en 1971, alors que les deux principales "minos", suite à la cission, se disputent le nom historique "UNEF": " qu'en droit comme en fait, il n'y a plus d'UNEF".
14:25 Publié dans Unef - Générale | Lien permanent | Envoyer cette note