mercredi, 02 août 2006

Pas d'amnistie en interne


Il est important d'avoir une véritable culture militante et lorsqu'on l'on va au combat, il est de notre devoir d'y aller de manière concertée et ordonnée. Le droit de tendance s'accompagne automatiquement d'un devoir pour ces tendances de respect envers la majorité élue. Cependant, il y a des moments où l'on ferait bien de nettoyer devant chez soit avant de critiquer.

En effet, suite au mouvement anti-CPE, un mouvement de nettoyage interne s'est mis en route afin d'écarter les éléments qui avaient plutôt milité sur des positions contraires à celles décidées par le BN lors du mouvement. Ces militants visés sont ceux de la tendance TTE qui représentent près de 10% de l'UNEF et dont les membres s'opposent régulièrement à la direction. Comme je l'ai déjà présenté plus haut, cette procédure semble sensée... si l'on oublis que depuis quelques mois, l'UNEF demande l'amnistie pour tout les militants arrêtés durant le mouvement anti-cpe et les mouvements précédents.

Ainsi, je me demande quelle cohérence a un syndicat qui exclue en interne ses membres pour mauvaise conduite (et par mauvaise conduite, on parle surtout d'opposition politique) tout en demandant à d'autres de ne pas poursuivre de procédure comparable envers des militants qui auraient clairement dépassé les bornes durant des mobilisations.
On ne peut pas punir chez soit et demander la clémence chez les autres.


Pour appuyer ces propose, je vous propose de lire l'article du "Monde" à propos de cette procédure d'exclusion: "La direction de l'UNEF veut exclure des militants de la Jeunesse communiste révolutionnaire".

"Le différend s'est aggravé lors du mouvement contre le contrat de première embauche (CPE), où les militants de la JCR se sont retrouvés dans l'animation des coordinations, sur des positions souvent hostiles à celles défendues par le bureau national. Du côté de la JCR, on reconnaît l'existence de "désaccords". Ses responsables estiment que la direction de l'UNEF procède "au règlement de comptes de l'après-CPE", qui vise à les "mettre dehors" avant les affrontements de la campagne présidentielle de 2007. Pour autant, les militants concernés n'envisagent pas d'engager des recours contre cette mesure d'exclusion."


Un autre aperçus du problème chez Indymedia avec cet article: "Nouvelle UNEF, vieilles méthodes..." qui s'interroge sur le côté démocratique de la démarche.
"D'après Bruno Julliard (président de l'UNEF) le but de ces saisines serait de suspendre ces militants puis de les exclure dans un second temps. Ils sont des adhérents réguliers de l'UNEF, certains ont participé ou participent encore aux instances de l'UNEF (bureaux d'AGE, bureau National…) ou sont élus dans les conseils de leurs universités sur des listes UNEF. Ces élus ont d'ailleurs contribué à la victoire de l'UNEF aux élections au CNESER en juin dernier. "

"Ces adhérents ne sont pas convoqués à cette commission de contrôle, ce qui ne leur permet pas d'assurer leur défense dans le cadre d'une procédure égalitaire et contradictoire."


Je vous propose également le communiqué de la tendance TTE daté du lundi 24 juillet:
"Lundi 24 juillet, la commission de contrôle de l'UNEF a suspendu et demandé l'exclusion de 40 militants de la tendance Tous ensemble. Nous sommes face à un acte autoritaire et bureaucratique grave : ces militants n'ont eu aucune possibilité de se défendre et n'ont même pas été convoqués devant la commission de contrôle. De plus, derrière 6 motifs d'exclusion différents, c'est en réalité un courant syndical que la direction de l'UNEF cherche à exclure. Quelles que soient les divergences, l'UNEF doit rester le syndicat de tous les étudiants, les désaccords ne peuvent pas être réglés par des exclusions. L'exclusion de ces camarades ferait revenir l'UNEF à un niveau de diversité plus faible que l'UNEF-ID avant la réunification de 2001.
Quelles que soient les désaccords qui peuvent exister entre nous, toute la tendance Tous ensemble est unie pour s'opposer à la manœuvre de la direction de l'UNEF. Elle fera tout ce qui est possible pour empêcher l'exclusion de ce groupe de camarades, visé en tant que tel par la saisine de la commission de contrôle. "

Communiqué des "Exclus" daté du 2 septembre 2006, cité sur ce forum et confirmé par l'AEF le 4/09/2006

"Exclus de l'UNEF !
Aujourd'hui, samedi 2 septembre 2006, le Collectif National de l'UNEF a décidé d'entériner l'exclusion de 40 militants de la TTE, tendance de gauche syndicale. Les exclus réfutent toutes les accusations portées a leur encontre ainsi que la procédure d'exclusion utilisée qu'ils considèrent anti-démocratique. Accusations fallacieuses, statuts et règlement intérieur indisponibles. Les militants exclus réclament leur réintégration a L'UNEF


Enfin, pour la polémique, un des nombreux articles reprenant la demande d'amnistie de l'UNEF avec le nouvel Obs.

" L'UNEF regrettait mercredi 12 juillet que malgré sa demande et celle de plusieurs autres organisations syndicales, le président de la République Jacques Chirac n'ait décidé d'aucune mesure de grâce présidentielle pour les jeunes condamnés après les incidents des manifestations contre le contrat première embauche (CPE)."