dimanche, 04 juin 2006
Abus de bien sociaux
Tout d'abord, revenons sur l'histoire en elle même et mettons de côté l'aspect politique qui fait tremper dans "l'affaire" des hauts cadres du PS ou de FO pour nous intéresser à la partie étudiante de ce dossier. La MNEF, mutuelle étudiante, était la LMDE de l'époque. Une mutuelle nationale, travaillant en complète coopération avec le syndicat étudiant de gauche. Et au fur et à mesure des années, alors que la symbiose se faisait plus forte, les militants de l'UNEF ont été engagé pour travailler pour la MNEF et ce, d'après les conclusions du procès, parfois pour de véritables emplois fictifs.
N'oublions pas de préciser, car tout cela semble bien loin, que la mutuelle fonctionnait grâce aux cotisations des étudiants et aux subventions publiques. C'est donc avec l'argent des étudiants et de l'argent destiné aux étudiants, que la MNEF finançait le militantisme de certains de nos cadres. Je pense que cela justifie pleinement le caractère immoral de cette dérive. Encore une fois, le syndicat, arme la plus affûtée pour défendre les étudiants, abusait de ces derniers, pour faire vivre sa structure.
Dès lors, la question se pose: Est-ce aux étudiants de soutenir l'UNEF ou est-ce à l'UNEF de soutenir les étudiants ? Naturellement, les étudiants ne seront pas aidés si ils ne soutiennent pas leur syndicat, mais il existe d'autres moyens pour faire vivre une association et ce n'est sûrement pas sans les en prévenir qu'on doit détourner l'argents des étudiants.
Mais oui, cela est derrière nous. Certains diront même que cela ne concerne que l'UNEF-ID et à ceux-ci, je tiens à rappeler que depuis la fusion, nous sommes tous l'UNEF et nous sommes tous l'UNEF-ID... nous devons donc tous assumer notre histoire. Et de notre passé, il faut se méfier car il peu nous rattraper.
En effet, cette même question se pose aujourd'hui quand à l'évolution de nos rapports avec la LMDE.
Naturellement, nous avons appris de nos erreurs et les pratiques d'aujourd'hui rentrent pleinement dans la légalité. Mais il me semble que moralement, rien n'est réglé.
En effet, nos cadres sont désormais engagés par la LMDE pour faire du conseil à la rentré et convaincre l'étudiant de cocher la case LMDE. Mais au passage, ils présentent toujours l'UNEF et invitent l'étudiant à aller prendre sa carte sur le stand d'à côté. Oui, aujourd'hui, les subventions que reçoit l'UNEF sont réglementées, mais il n'en reste pas moins que la mutuelle étudiante permet de financer des opération politique comme des campagnes électorales. Et surtout, bien que le travail main dans la main avec une mutuelle soit clairement un plus pour les étudiants, le fait que les militants UNEF soient perpétuellement les mêmes étudiants qui sont engagés par cette mutuelle à la rentré, qui sont élus au sein de la mutuelle et que les cadres dirigeant se retrouvent tous avec un boulot à la direction de la LMDE fait peur.
A travailler non plus avec, mais pour la LMDE, ne perdons-nous pas notre indépendance ?
N'éloignons-nous pas la LMDE des étudiants "lambda" en la noyant dans le militantisme ?
Entre salariés et subventions, ne courrons-nous pas vers des nouveaux abus ?
J'espères sincèrement que la LMDE ne finira pas comme la MNEF...
Pour plus de renseignement sur l'affaire de la MNEF je vous invite à consulter le site "L'asile Utopique" qui fait un bref résumé de l'affaire: Revue de presse d'une affaire à tiroirs
"Nous rémunérions, par exemple, David Rousset, actuel numéro deux de la MNEF, pour le suivi du partenariat entre notre mutuelle et l'UNEF. [...] Le financement des permanents: Il s'agit souvent des syndicalistes étudiants parfois cachetonnés à 2 000 ou 4 000 francs par mois. Des jeunes gens censés faire leurs études tout en animant les campus et les assemblées générales. [...] Progressivement, ce système va se gâter. Fausses études, rémunérées par la Mnef ou ses satellites, argent liquide pour des congrès de l'Unef-ID."
Ou encore l'article du "Monde" du 04/06/2006 sur le jugement rendu: Affaire de la MNEF : la justice sanctionne une dérive financière
"Il en va notamment ainsi de la condamnation à six mois d'emprisonnement avec sursis et 20 000 euros d'amende prononcée contre le député (PS) de Paris, Jean-Christophe Cambadélis, ou de celles de quatre mois avec sursis retenues contre l'ancien président du syndicat étudiant UNEF-ID, Philippe Campinchi, ou XXXXXXX (censuré pour cause de loi d'amnistie)."
Pour ceux que l'affaire passionne, la page sur le président de l'époque de la MNEF avec quelques perles sur certains des rebondissements de l'affaire.
Pour ceux qui préfèrent que ça reste en interne, quelques réactions et hésitations de membres de l'UNEF face aux magouille entre le BN et la MNEF.
Un petit lien pour vous rappeler que le président de la LMDE, Michaël Delafosse, est un des nôtres et pas qu'un peut puisque c'est un élu UNEF de l'Université Montpelier 3 depuis 1998 (CEVU, CA, CS) et encore aujourd'hui au Conseil d'Administration.
Et, enfin, le lien Wikipedia relatif à cette affaire: http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_de_la_MNEF
11:05 Publié dans Unef - Mutuelles | Lien permanent | Envoyer cette note