samedi, 02 septembre 2006

Un syndicat sans membres

Alors que je militais pour l'UNEF, premier syndicat étudiant de France je me suis souvent trouvé con.
En effet, discutant avec des corporatistes, ceux-ci m'expliquaient que leur fédération de ville avait pour membre entre 10% et 30% des étudiants de la ville. Moi, militant pour mon AGE local, je n'avais pas de quoi me gausser.

medium_etudiant_inscription.JPGEn effet, nous avons à l'UNEF un véritable problème d'adhésion. Nous sommes un syndicat qui a une forte représentation au niveau national; mais une assise faible au niveau local.... et que vaux le national sans le local ? Les étudiants sont invités à adhérer parce qu'ils partagent nos idées et nos aspirations, mais des étudiants prêts à débourser 20 euros par conviction, sans aucun service concret en retour, il n'y en a pas beaucoup en dehors des militants actifs dans l'AGE. Cela ne nous empêche pas de fonctionner depuis longtemps et de subsister, cependant, un certain nombre de problèmes en découlent:

- 20 euros pour rien
Nous demandons aux étudiants de débourser 20 euros pour avoir notre carte. Nous leurs expliquons que grâce à cette adhésion, l'UNEF sera là pour eux en cas de pépin, que les élus UNEF se mobiliseront et que l'UNEF mettra tout les moyens en oeuvre pour l'accompagner dans ses démarches (avocat, presse,...). Cependant, nos élus sont sensé avoir pour mission d'aider l'ensembles des étudiants gratuitement. L'UNEF, en tant que syndicat, est sensée aider tout étudiant en cas de besoin et non seulement ses membres.
Alors, où vont donc ces 20 euros (plus de 7 repas au RU) que nous encaissons ? Vingt euros pour recevoir des mails d'info et, de temps en temps, le journal de l'UNEF national, ça fait très chère... surtout pour un syndicat qui critique la baisse du pouvoir d'achat des étudiants et leurs problèmes d'argent grandissants.

- Un syndicat de première année
Cela devient véritablement grave lorsque l'AGE, peu scrupuleuse, décide de faire ses membres part tout les moyens. C'est ainsi que dans certaines villes, sur les chaînes d'inscription, les militants de l'UNEF expliquent aux nouveaux étudiants que si ils veulent valider leur année, il leur faut leur carte de l'UNEF. Ca ressemblerait presque à certaines méthodes de vente forcée de l'OFUP. Et ainsi des flopées de premières années prennent leur carte à l'UNEF, puis se rendent compte, en court d'année, qu'elle ne leur sert à rien. Ils n'adhéreront plus du reste de leur vie étudiante, convaincu de s'être fait avoir comme des bleus. Bref, des méthodes fort critiquables; mais encore plus lorsqu'elle sont utilisée par un syndicat qui veux défendre les étudiants et non les pigeonner; par un syndicat qui se bat contre des frais illégaux des universités tout en en créant un nouveau.

- La course aux adhésions
Tous les deux ans, l'AGE doit faire des adhérents, car c'est année de congrès national. Plus elle aura de membres et plus l'AGE sera fortes et plus la tendance quelle défend aura de voix. Ces années là, on se retrouve à déployer beaucoup d'efforts pour faire adhérer des étudiants pour la bonne avancée de nos idées... mais combien de ces étudiants savent pour quelle tendance ils sacrifient leurs 20 euros ?

Voici, en quelques mots les problèmes que nous rencontrons, nous, premiers syndicat étudiant de France, ne pouvant même par revendiquer 1% des étudiants membres de notre syndicat... triste score.



Je ne m'amuserais pas à éditer des listes de membres d'AGE car ce ne serait pas très respectueux des étudiants inscrits, mais je peux vous proposer la célèbre critique de nos anciens passés à la Cé, Chapitre II, point 1.2 (page 9). Ceux-ci nous rappellent ces agissements et leurs conséquences:

"Pour l'UNEF, la question de l'adhésion ne se pose que lors de la période de première inscription à l'université, durant le mois de Juillet. Les militants sont alors « réquisitionnés » pour tenter de faire adhérer en quelques minutes, chaque étudiant venu déposer son dossier d'inscription. La plupart des nouveaux étudiants ayant accepté, n'entendront plus parler de l'UNEF, sauf quand il s'agira d'aller voter aux élections ou lors du congrès.

Ce « recrutement » est souvent efficace. Il l'est d'autant plus qu'il est parfois basé sur une présentation déformée de la réalité. Il n'est pas rare de trouver des militants de l'UNEF qui expliquent à un étudiant que l'adhésion est indispensable pour réussir son année universitaire, voire qu'elle est obligatoire. Ces pratiques suscitent parfois des réactions vives des « nouveaux adhérents ». Ce fut par exemple le cas à Grenoble en 2000, lorsque nombre d'entre eux se sont rendu compte collectivement que l'adhésion à l'UNEF était tout à fait facultative.

On comprend dès lors aisément pourquoi la grande majorité des étudiants ayant adhéré dans ces conditions ne ré-adhèrent pas l'année suivante. Pour ceux qui hésiteraient encore, l'absence de suivi, le local fermé, les discours radicaux et incantatoires, l'électoralisme grossier, la capacité limitée à changer concrètement les choses, finissent le plus souvent de les décourager. Finalement, seuls quelques militants encore présents à la fin de l'année ré-adhèrent. "


Le témoignage d'un étudiant Lambda édité par le site RE-So.net en commentaire d'un article de la tendance TRS, en juillet 2005, il raconte son expérience sur les chaînes d'inscription: "Rencontre mémorable avec des représentantes de l’unef ce vendredi 15 juillet 2005 à la chaîne d’inscription de l’université de valenciennes."

"Quinze jours après l’ouverture de la chaîne, ces deux jeunes filles débarquées de Paris s’adressent à la direction du service scolarité et exigent un stand " pour défendre les intérêts étudiants" ... il va s’en dire qu’après 15 jours de fonctionnement, les différents stands étaient déjà tous occupés et que l’espace manquait pour les accueillir au sein du village étudiant. Mais bon, l’unef ayant parfaitement le droit d’être représentée, nous leur trouvons de la place vaille que vaille sous leur regard exaspéré... ... Première rencontre fort sympathique donc. Le reste de la journée fut une véritable horreur : pleines de morgue et de suffisance, les deux représentantes de l’UNEF s’en sont prises successivement à une fédération étudiante locale, dont les membres sont coupables à leurs yeux " d’avoir l’accent du Nord " ( sic ) et de " lécher les bottes de la direction de l’université " ( re sic ). Dans la foulée, elles ont ostensiblement refusé de respecter les règles du village étudiant (chacun derrière son stand, ambiance bonne enfant, etc...) pour aborder vigoureusement les étudiants venant s’inscrire, et ce avant même qu’ils ne pénètrent dans le hall... alors que la chaîne d’inscription se déroulait tout à fait correctement depuis deux semaines, alors que la SMENO et la LMDE coexistaient tranquillement sans incident, la venue de membres de l’UNEF a littéralement détruit l’ambiance en une journée."

Notre faible nombre de membre à été rappelé lors du derniers collectif national. Ainsi, dans le texte d'orientation, comme cité sur wikipédia, dans le chapitre 1 "Pour un syndicalisme de masse", précise: Réussir la ré-adhésion est pourtant nécessaire non seulement pour passer le cap des 20 000 adhérents, mais également pour en finir avec la sociologie de syndicat des 1ères années qui nous caractérise parfois"